Comprendre et Gérer sa Multi-potentialité – Partie I

Je suis une multi-quelque chose.

Une multi ... 3 petits points.

Les multis … ce sont ces gens qui sont plusieurs choses à la fois et qui ne peuvent répondre aux questions les concernant qu’en utilisant le terme « multi ». Je suis une multiculturelle. Je suis un multiethnie. Je suis très multitâche. Je passe mon temps sur les multimédias. Je suis une multipotentielle.

Et c’est ce qui nous intéresse ici.

Littéralement, ce sont des personnes qui vivent de multiples vies. Pas par schizophrénie ou par choix, mais par définition. Un peu comme un chat.

Je suis de celles-là. Je pense en dehors de la boîte, autour de la boîte, sur la boîte, en dedans de la boîte, en dessous de la boîte. Bref, il m’importe au plus haut point de TOUT savoir sur cette boîte.

Après je me sens mieux et je peux passer à autre chose.

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Si votre récit personnel ressemble à celui-là, well well well, bienvenue au monde merveilleux de celles et ceux qui n’ont pas reçu le visa pour entrer dans le monde de la pleine croissance (que l'on appelle la matrice, selon certaines écoles). On est un peu les élus ! Mais bon, y’a que nous qui nous élisons. On s’autogère comme communauté.

Mais le TED d’Emilie Wapnick « Why some of us don’t have a true calling ? » et le livre de Daniel H. Pink « A Whole New Mind : Why Right-Brainers Will Rule the Future » entre autres, ont permis au monde de s’ouvrir de plus en plus à nous.

Cependant, la plupart d’entre nous ne savent toujours pas comment gérer ce trait de caractère. Certains ne le comprennent toujours pas et tatie Ghizlane est là pour vous aider. C’est l’ambition de cet article. Et pour répondre à cette question, mes « hauts potentiels » on va commencer par décortiquer la multipotentialité en l’expliquant par séquences.

Ces séquences seront illustrées par mon parcours personnel, bien entendu un parcours sans la moindre bavure #storytellingàlafrançaise ! (Oui, je viens de découvrir Twitter et j’aime bien le principe des hashtags #jaimebienleprincipe).

Maintenant qu’il commence à y avoir de la pub pour nous les #faux instables, il va falloir, amis francophones, acquérir quelques compétences nécessaires à la survie de notre belle espèce.

C’est pourtant juste une question !

Depuis mon tout jeune âge, je me considère comme une multipotentielle. Je ne pouvais pas mettre ce mot technique dessus, mais je savais que je n’étais pas « monométier ». Ceux qui m’entouraient utilisaient le mot « instable » quand je répondais à la question « Alors Ghizlane, que voudras-tu faire quand tu seras grande ? »

Car j’avais une version, disons… évolutive…

C’est ainsi qu’avant même d’avoir 15 ans, je rêvais d’exercer les métiers suivants :

  • Chanteuse: J’ai d’ailleurs chanté dans un Gospel pour tester mon amour de la chose et continué en toute intimité chez moi, genre tout le temps, au grand dam de ma famille et de mes ami(e)s. J’ai gardé de ce rêve l’amour de la musique, du karaoké et du micro.

  • Danseuse: Non contente d’apprendre toutes les chorégraphies devant MTV, je voulais diffuser mon savoir à mes amis. J’étais donc chorégraphe et je refaisais les chorégraphies de mes tubes préférés. Malheureusement, je n’avais pas de caméra à l’époque, mais vous auriez bien ri. J’étais très sérieuse et j’allais jusqu’au bout de la démarche, déguisée, avec le décor nécessaire (fabriqué artisanalement par mes soins) et tout et tout…
  • Mannequin: J’étais fine et grande et donc naturellement je me suis lancé le défi de me faire caster par l’agence Elite. L’agence n’existait pas au Maroc, alors, la première fois que je suis partie en vacances en France à l’âge de 11 ans je me suis efforcée à marcher en mode mannequin en sillonnant toute la région Bretagne. À l’époque, je ne savais pas que l’agence Elite n’était pas présente en Bretagne non plus !
  • Journaliste: Alors ça ! Je suis restée longtemps dessus … et je ne voulais pas être journaliste d’investigation ou correspondante .. non non. Je voulais être Oprah ou Delarue, journaliste de confession.
  • Avocate: Qui n’a jamais pensé au métier d’avocat ? On a tous voulu le faire après avoir regardé le film « l’associé du diable »
L'associé du diable
  • Diplomate: Quand on est dernière d’une famille de 6 on développe des compétences en diplomatie. Ensuite, on apprend à parler plusieurs langues. On voyage dans plusieurs pays. On travaille dans le milieu diplomate et on a des connaissances qui travaillent pour l’ONU. Et c’est parti mon kiki pour la nouvelle obsession de Ghizlane : « réussir le concours pour devenir fonctionnaire international ». Je vous rassure, j’ai laissé tomber dès que j’ai jeté un premier coup d’oeil sur les annales !

Ça ne vaut pas le coup si tu sais par avance que tu vas quitter le métier au bout de 2 ans.

Assez parlé de moi. Cette question vous a été posée également et vous avez certainement constaté deux choses : elle a tendance à foutre la trouille !

Ce même sentiment qui refait surface à chaque fois que nous nous approchons de la fin d'un programme académique : école secondaire, baccalauréat, études supérieures. La dernière année d’étude est d’ailleurs l’année ou l’on connaît l’apogée de ce sentiment. La question se transforme de vocation professionnelle à but dans la vie …« Qu’est ce que tu comptes faire dans la vie voyons ? »

ET, du coup, on mélange l’essence de la vie avec la profession, avec la vocation et finalement avec un job de nécessité…

Je ressens de l’anxiété rien que d’en parler ici !

Quand on a (enfin) notre diplôme en poche, on n'est pas encore sorti de l’auberge. D’ailleurs, dès que l’on rentre dans le monde du travail voici les questions que l’on commence à se poser soi-même en tant que multipotentiels :

« Est-ce que je vais faire ça toute ma vie ? »

« Est-ce que c’est ça la vie ? »,

«Est-ce vraiment ce que je suis censé faire ? »

Et à nouveau, dès fois qu’on ne soit pas certain : «Est-ce que je vais vraiment faire ça pour toujours ? »

Et là, bien entendu, on redevient croyant. On invoque Dieu et on le prie de bien vouloir nous montrer le sens de notre vie.

PS : À celles et ceux qui ont répondu à « The Question » de façon limpide et qui se sont facilement engagés dans une carrière spécifique. Bravo à vous.Je suis persuadée que cet article va vous intéresser aussi en tant que spécialistes, lorsque l’on sait que les jeunes diplômés n’envisagent plus leur travail comme un travail à long terme et en changent souvent au cours des premières années.

Quand la question se transforme en affirmation :

« T’as un problème, tu sais ! »

C’est certainement ce qui me touche le plus dans cette histoire.

Malheureusement, quand quelqu’un est différent on préfère opter pour l’affirmation : « il A un problème » (sans parler qu’avec Trump et compagnie c’est plutôt « il EST le problème »).

Si l’on n'entre pas dans les cases prévues, rien ne va plus ! Être multipotentiel ne fait pas partie des cases prévues et peut donc être vécu par le principal intéressé, vous-même, de différentes manières :

  • une bénédiction
  • une malédiction

Il fallait donc choisir une perspective et l’on s’est jeté malgré nous dans l’option 2.

Nous avons choisi la direction que nous allions prendre par défaut, tout comme le métier que nous allions exercer pour la vie, le lifestyle qui va avec et la personne que nous allions devenir. Terrifié, on a opté pour tout ce qui pouvait être « généraliste ». Le but étant de retarder « LE » choix au maximum. Espérons qu’il va nous tomber sur la tête un jour : Eureka, je sais enfin ce que je veux être ! C’est la raison pour laquelle la plupart des multipotentiels ont un background en commerce, management, économie… coïncidence ? Je ne pense pas !

OMG, je me rappelle encore de l’angoisse « Et si je me trompe ? Et si le choix que je fais n’est pas le bon ? »… À même pas 18 ans, j’avais la pression de choisir la vie que je voulais pour toujours. Genre, maintenant ! Oui, parce qu’il faut cocher la case du cursus choisi dans ta candidature à l’université.

Ma vie professionnelle est devenue sans arrêt une justification de mes choix. Qu’est que j’ai fait jusqu’ici ? Qu’est ce que je compte faire demain ? Comment ai-je prévu de faire tout cela ??

Wow, wow wow ! Slow down Baby ! J’ai quand même l’intime conviction, la certitude que rien de ce que je ressens n’est « maladif ». Au contraire, j’ai même une bonne estime de moi même…

Mais les insécurités des adultes autour de moi, leurs peurs, leurs angoisses, leurs demandes de justification incessantes sous prétexte que je risque de ne pas trouver ma place dans le monde finissaient par me convaincre.

Je m’en vais dans la vie professionnelle, la tête pleine d’illusions, que je considérais comme des rêves. Je déchante très rapidement… Je m’accroche… Je continue… C’est pourri… Mais on ne sait jamais….

Pfff NO way José ! C’est un peu bête parce que je ne l’ai pas ma place anyway ! Je suis la moins convaincante des «spécialistes» …

Vous vous rappelez de la chanson « Lonely » d’Akon ?!

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